herbes médécinale
Herbes médicinales
Les plus anciennes chroniques nous apprennent, que dans les temps les plus lointains déjà, le peuple s'était rendu compte des relations étroites existant entre le monde des plantes et des hommes et le sentiment de l’action diverse des herbes thérapeutiques était très vivace. L'histoire de la science médicale est naturellement aussi vieille que l'histoire de l'humanité en général. Car aussi longtemps qu'il y aura des êtres humains sur terre il y aura aussi des maladies humaines. Si de nombreuses observations ont prouvé que les animaux prennent certaines mesures de précaution contre les blessures et les maladies, à plus forte raison, l'homme doué de l'intelligence devrait se préserver contre les maladies et soigner les blessures. Le hasard et la nécessité ont donc été les pre¬miers facteurs.

La Bible déjà nous fournit des exemples de l'emploi des plantes comme moyens de guérison, ensuite les écrits qui nous ont été transmis des Hindous et ceux provenant des célèbres médecins de l'Antiquité nous parlent également de cette connaissance. Ce sont avant tout les nombreux écrits d'Hippocrate, 460 av. J. C, qui nous donnent une idée exacte de l'état de la médecine de cette époque. Au premier siècle de notre ère, Dioscride de Rome décrivit environ 600 herbes médicinales clans sa „Materia medica".

Pline, né en l'an 23 après J. C. et Galenus, né en l'an 131 après J. C. passaient pour être des autorités. Les livres de Pline ont eu de l'in¬fluence jusque bien avant dans le moyen-âge, bien que son histoire naturelle n'ait été qu'un résumé des oeuvres des Anciens.

Dans les siècles suivants, les Arabes et, parmi les Allemands, Albertus Magnus dans ses „Sieben Bûcher von den Gewàchsen", fendaient la plupart de leurs connaissances sur l'observation personnelle de la nature.
Charlemagne (742—814) contribua également au développement de la médecine. Il fit en sorte que les jardins des couvents soient utilisés pour la culture des herbes médicinales, il n'est donc pas étonnant qu'un grand nombre de moines se sont occupés de la préparation de breuvages curables. Constantin l'Africain, Wigbert, Evêque de Hildesheim et Jean XXXVII, Evêque de Verden se distinguèrent tout particulièrement. Sainte Hildegarde, une abbesse, contribua également à faire connaître les herbes médicinales.

Dans le monde des plantes une abondance extraordinaire de forces ayant des propriétés curatives se trouve dissimulée. Les matières végé¬tales, à cause de leur formation naturelle, peuvent être beaucoup plus facilement absorbées par l'organisme humain que les produits artificiels des laboratoires. Les plus simples remèdes de familles sont souvent les meilleurs. Le peuple avec son instinct naturel l'a reconnu depuis des siècles et a mis toute sa confiance particulièrement dans les sucs des herbes.

Ce n'est que par le décret de l'Empereur Frédéric II (1215—1250) que l'ensemble des expériences et des connaissances concernant les herbes médicinales trouva son application. En 1224, il fit construire les pre¬mières pharmacies en Sicile et en Italie. Mais l'essor de la médecine ne se répandit que très lentement dans les autres pays. En Allemagne, la présence de la première pharmacie est constatée à Francfort, en l'an 1343, à Londres en 1345, à Paris en 1484. A part des herbes médicinales, les anciennes pharmacies vendaient surtout des laxatifs, des pilules contre la peste et les empoisonnements, ainsi que de l'eau de vie.

A partir de ce moment, la médecine se développa sur des bases beau¬coup plus étendues. Les Croisades ont contribué à ce développement, car les médecins qui s'étaient rendus en Orient apprirent à con¬naître de nouveaux remèdes; la découverte de l'Amérique en 1492, d'où l'on introduisit de nouvelles plantes et enfin l'invention de l'imprimerie en sont les autres facteurs. Bien que l'on ait banni les herbes médi¬cinales vers la fin du 19-ième siècle, au moment où la chimie se déve¬loppait si rapidement, et que l'on considérait ce moyen de guérison comme désuet, de nombreux médecins, malgré les adversaires, n'en con¬tinuèrent pas moins à s'en servir avec beaucoup de succès. De nos jours également, les médecins reviennent de plus en plus à l'emploi des herbes médicinales.

Les parties efficaces des herbes médicinales sont de purs acides végé¬taux: valériane, acide formique, acide citrique, acide malique, acide tartrique, acide succinique, acide oxalique et acide salicylique. Parmi les acides organiques il faut nommer l'acide phosphorique si éminem¬ment importante. Les acides sont en partie entièrement purs, en partie réunis par des alcalis en sels neutres et acides. La puissance curative est due spécialement à la présence de ces acides, ils constituent un facteur important de l'assimilation. Ils l'augmentent en apportant des matières nutritives: ils accélèrent l'excrétion, enlevant de cellules les matières épuisées, ils donnent de la chaleur, c'est-â-dire du travail par leur propre combustion.

Dans les recherches les matières minérales de nos herbes médicinales sont les plus facilement accessibles et c'est vraiment un trait caracté¬ristique pour ces plantes d'avoir dans leurs cellules et leurs sucs les mêmes matières minérales qui jouent un rôle important dans le corps humain. Ces matières sont: le potassium, le sodium, le calcium, le magnésium, l'oxyde de fer, le phosphore, le soufre, la silice, le chlore, le carbone. Parmi ces matières minérales les alcalis, en particulier le carbonate de soude, ont l'importante tâche d'assurer au sang l'alcalinité qui lui est nécessaire. Plus cette dernière est grande, plus vite disparaissent les acides formés qui entravent par leur présence fixe et incessante le travail des cellules et amènent la destruction de leur structure. Un grand nombre d'herbes servent à la formation et à la fermeté des os, à l'affermissement des vaisseaux sanguins. Le fer de beaucoup d' herbes est absorbé facilement par le corps et est employé pour pré¬server de l'anémie, de la chlorose et aussi de beaucoup d'autres troubles dus au manque de globules rouges. Les alcalis amers qui sont contenus dans beaucoup d'herbes stimulent l'appétit, sont sto¬machiques et facilitent la digestion.

On doit aussi attacher une grande importance aux parfums, aux huiles éthériques qui exercent une influence sur les fonctions des nerfs, des muqueuses et des reins et qui sont antiseptiques. Les herbes médicinales, prises sous forme de thé, n'agissent pas subite¬ment, mais peu à peu en transformant l'assimilation qui est en mauvais état. Elles transforment l'état maladif en état parfaitement sain. D'après Kneipp, les herbes médicinales ont trois buts différents:
la dissolution des substances étrangères du corps,
leur élimination,
la fortification de l'organisme.
Dans l'assortiment suivant on cite pour les maladies les plus cou¬rantes et les plus fréquentes des ordonnances d'herbes qui, dans la pratique, se sont montrées, toutes, spécialement efficaces et curatives.

La préparation du thé la plus simple et la plus convenable est la suivante: de l'eau bouillante est versée sur le mélange de thé qu'on laisse tirer pendant 6—10 minutes. Si le thé doit être préparé d'une autre façon, le mode d'emploi est indiqué sous la recette correspondante. Il faut insister tout spécialement sur le fait que le thé doit être renouvelé chaque fois, s'il n'y a pas d'indication particulière à ce sujet.

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